crédit photo Valentin Michaut
Mise en scène Jenny Macquart
Avec Bruno Amnar-Fuhrer, Marie Chauvière, Léo Haag, Jérôme Lang, Élodie Peudepièce, Marc Schweyer, Philippe Leibrich Scénographie Léa Triboulet Masque Christine Kolmer Lumière Laetitia Hohl
Si l’on connaît La trilogie des jumeaux d’Agota Kristof (Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième Mensonge) dont le premier roman, publié en 1986 et récompensé par le Prix du Livre Européen, a permis à l’auteur de se faire connaître du grand public, son œuvre théâtrale reste plus secrète. Personnalité singulière de la littérature contemporaine, Agota Kristof est décédée le 27 juillet dernier.
Un rat qui passe, écrite en 1972 et remaniée en 1984 marque, avec John et Joe, le passage de la langue hongroise, langue maternelle de l’auteur, à l’écriture théâtrale en français. Seize ans après la fuite de son pays natal et son arrivée en Suisse, deux ans après avoir rangé sa blouse d’ouvrière en horlogerie, Agota Kristof, qui fréquente alors le cercle artistique neuchâtelois, rédige ses premiers dialogues « sur mesure » pour des ateliers de théâtre amateur.
Dans cette pièce, on peut reconnaître deux mondes vécus et éprouvés par l’auteur. Celui de la Hongrie, tombée sous un régime totalitaire au sortir de la deuxième guerre mondiale, et cette terre d’accueil où elle devient une exilée, la Suisse.
Bredumo (clin d’oeil à Brecht, Dürrenmatt, Molière), homme de loi masqué polymorphe en proie à un cruel dilemme, revit différentes époques de sa vie le temps d’une soirée. Pour l’occasion, sa chambre est transformée en cellule par son ami et domestique déguisé en maton. Dans un espace parallèle, un couple étrange se régale d’avocats farcis…
Avec des personnages joyeusement féroces et des dialogues explosifs, Agota Kristof nous livre une pièce tragi-comique qui soulève la question de notre responsabilité individuelle dans un monde où l’absurde se fait miroir de la réalité.
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